Comme deux gouttes d'eau
L’inspecteur Cassie Maddox travaille au département des violences domestiques. Rien de bien folichon. On est loin du temps où elle était agent infiltré et faisait partie de la brigade criminelle. Sa première mission avait été de se faire passer pour une étudiante à Trinity College, l’université de Dublin, afin d’infiltrer un réseau de vendeurs de drogue. Son chef, Frank Mackey, et elle avaient alors créé Alexandra Madison, surnommée Lexie. Cassie a donc été Lexie pendant quelques mois.
Quelques années plus tard, Cassie est appelée sur les lieux d’un crime. Pourquoi elle alors qu’elle a quitté la brigade criminelle ? Elle le découvre en même temps qu’elle découvre le visage de la victime, dans une masure en ruines quelque part dans la campagne pas très loin de Dublin : c’est son portrait, elles se ressemblent trait pour trait, comme deux gouttes d’eau. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là. Découverte plus redoutable encore, la jeune morte porte le nom d’Alexandra Madison. L’étrange situation vire au cauchemar, comme si Lexie avait réellement prit vie pour mourir quelques années plus tard dans ce coin perdu de la campagne irlandaise.
Son ancien chef, Frank, a alors une idée folle : taire la mort de Lexie Madison pour démasquer son assassin. Il y voit là une occasion unique de mener l’enquête de « l’intérieur ». Cassie va à nouveau endosser l’identité de Lexie et intégrer Whitethorn House, le vieux manoir que Lexie partage avec quatre amis, étudiants comme elle à Trinity College. Un lien étrange les unit : ils vibrent d'un même amour pour la littérature, d'un même refus de s'encombrer de leur passé, ils sont unis et soudés par une amitié qui semble indestructible.
Cassie qui avait résolu de ne plus jamais s’investir trop personnellement dans une affaire criminelle ne peut plus reculer, car cette fois c’est un peu comme s’il s’agissait d’elle. Lexie est son double, le double incarné et bien vivant qu’elle ne cessait de s’imaginer depuis l’enfance. Et puis elle veut découvrir qui était cette jeune femme qui se faisait appeler Lexie Madison.
Voilà une intrigue bien menée, qui nous fait découvrir des personnages attachants dans une ambiance très particulière. Pas de scènes sanglantes, pas de violence à chaque détour de chapitre, mais un cheminement psychologique tout en suspense et en subtilités.
Dans ce roman, Cassie évoque souvent l’affaire qui lui a fait quitter la brigade criminelle pour le département des violences domestiques et son co-équipier de l’époque, Rob. Je me suis demandé pourquoi l’auteur ne nous en disait pas plus… Tout simplement parce que cela fait l’objet d’un autre roman, paru chez Michel Lafon sous le titre La mort dans les bois, puis chez Points sous le titre Ecorces de sang. Et bien sûr, je vais m’empresser de le lire.