Le monde des dauphins
Suite à mon précédent article, où nous avons pu voir les dauphins jouer avec ces anneaux qu'ils créent, et admirer les magnifiques ballets aquatiques qui en résultent, j'ai eu envie de découvrir un peu mieux ces animaux.
Venez avec moi à la rencontre des dauphins.
Le nom du dauphin vient du grec "delphius", qui signifie "l'esprit de la mer". Il existe environ 45 espèces de dauphins, le plus connu étant le grand dauphin ou dauphin souffleur, celui que l'on voit dans les delphinariums. Les dauphins vivent dans toutes les mers du globe, ce sont des migrateurs qui suivent les bancs de poissons.
Le dauphin est un mamifère et un vivipare dont la gestation dure un an. La portée est d'un seul petit. Les femelles mettent au monde tous les deux ou trois ans. Les bébés sont allaités pendant six mois avant de pouvoir se nourrir seuls.
Il fait parti de la famille des cétacés. Il a des poumons et a besoin de remonter à la surface pour respirer grâce à son event (petit trou sur le dessus de la tête). Là il renouvelle jusqu'à 90 % de l'air de ses poumons à chaque respiration. Juste pour comparaison, ce chiffre n'est que de 15 % chez la plupart des mammifères, dont l'homme (Jacques Mayol est une exception !)
Champion de nage
Grâce à sa forme fuselée et hydrodynmique et à sa peau lisse et très souple qui se déforme et absorbe les turbulences de l'eau, il peut nager jusqu'à 60 km/heure !
Caractéristiques physique
Il mesure entre 1,7 et 4 mètres et pèse en moyenne 70 kg.
Son bec, appelé rostre est garni de 80 à 100 dents (280 pour certaines espèces), toutes identiques, petites et pointues. Elles lui servent à saisir ses proies, qu'il avale tête première pour ne pas être piqué par les nageoires. Les aliments absorbés sont broyés par les robustes parois de son estomac.
Son régime alimentaire est contitué de petits poissons, mais aussi de calamars , de pieuvres et de crevettes.
Une épaisse couche de graisse sous-cutanée lui sert d'isolant thermique et l'aide à toujours garder la même température (entre 35 et 36° C). On dit qu'il est homéotherme. Cette température est indépendante de celle du milieu extérieur ; c'est donc un animal à sang chaud.
Le dauphin n'a pas de glandes sudoripares, il évacue la chaleur par les nageoires, parties moins riches en graisse , donc moins isolées et plus irriguées par les vaisseaux sanguins qui transportent le sang chaud.
Il peut vivre jusqu'à 50 ans.
Orientation et communication
Le dauphin a de petits yeux mais une très bonne vue. Il peut voir en haut, en bas et même derrière lui, mais il ne voit pas très bien de face. Donc pour déceler ce qu'il a devant lui, il lance des ultrasons, appelés les clics (c'est l'écholocation), qui rebondissent sur les obstacles et lui reviennent sous forme d'échos qui déterminent la vitesse, la taille et la direction de ses proies, par exemple.
Les dauphins communiquent entre eux grâce à des clics et à des sifflements aigus.
Les moeurs
Le dauphin est un animal social qui vit en troupeau pouvant comprendre des centaines d'individus. Les groupes sont mixtes : mâles, femelles et jeunes, et il n'y a pas de chef.
Il ne forme pas de couple permanent, mais choisit un nouveau partenaire chaque année. Pendant les naissances, deux femelles, les "tantes", protègent la mère et le petit contre les requins, attirés par le sang.
Le dauphin passe sa journée à chasser, jouer et communiquer avec ses congénères.
Ses ennemis principaux sont les orques et les requins.
Les dauphins, la mythologie et l'histoire
Dans la Grèce antique ils été réputés être l'animal favori de Poseïdon et l'incarnation du dieu Apollon. Ulysse en avait fait ses armes, sur son bouclier et sa bague, pour leur rendre hommage car ils avaient sauvé son fils Télémaque de la noyade.
On trouve des représentations de dauphins sur des mosaïques, des pièces de monnaies, des bijoux, des vases, des statues. Une des plus ancienne fresque grecque connue, datée du XVe siècle avant J.C., se trouve dans la salle de bain de la reine, à Knossos.
Aristote (384-322 av J.C), dans son Historia Animalia, fut le premier à identifier ces cétacés comme des mammifères. Il leur a consacré plusieurs pages, consignant ses méthodes d'observation. Il a ainsi marqué la naissance de la cétologie, l'étude des dauphins.
Dès le début de notre ère, au 1er siècle, des naturalistes racontent dans leurs ouvrages des scènes où les dauphins de nos côtes méditerranéennes assistent les pêcheurs locaux dans la capture des mulets. Les même scènes sont observées en Asie Mineure dans le golf de Lassos.
Au Moyen Age, les enlumineurs ont représenté le dauphin comme un monstre marin, utilisé dans certaines armoiries, notament celles des dauphins de France.
Le dauphin est l'emblème de la province du Dauphiné. Le gouvernement de cette province ayant été confié au XVe siècle au fils ainé de roi de France, celui-ci a pris le titre de Dauphin, devenu de nos jours synonyme d'héritier ou de successeur d'un dirigeant.
Dans la mythologie hindoue, les dauphins d'eau douce sont une représentation de Gangà, le dieu du Gange.
Ami de l'homme
Au contraire de beaucoup d'espèces, les dauphins n'ont pas peur de l'homme et se laissent approcher facilement, devenant même son ami.
En Mauritanie par exemple, ils encerclent les bancs de poissons et les poussent vers les filets des pêcheurs (ce phénomène a été étudié et filmé par l'équipe Cousteau dans les années 70).
Souvent les dauphins ont sauvé des hommes de la noyade en les propulsant vers la surface, ou bien ils ont aidé des bâteaux à éviter des bancs de sables.
Voici deux exemples, parmi tant d'autres, du comportement des dauphins avec les hommes :
♦ L'événement s'est déroulé le 30 octobre 2004, non loin des côtes du nord-est de la Nouvelle-Zélande.
Le maître-nageur Rob Howes, sa fille Niccy âgée de 15 ans et deux autres jeunes filles du nom de Karina Cooper et Helen Slade étaient en train de se baigner à une centaine de mètres de la plage d'Ocean Beach (Whangarei).
Tout à coup, un groupe de dauphins les a entourés en traçant autour d'eux des cercles concentriques de plus en plus rapprochés comme pour les rassembler au même endroit.
Rob Howes s'est rapidement rendu compte de la raison de ce curieux comportement : un grand requin blanc de trois mètres de long se dirigeait vers le groupe des quatre nageurs.
Protégés par ce "mur de dauphins" durant plus de quarante minutes, les nageurs ont pu ainsi se retrouver à l'abri des crocs du squale féroce et par la suite, regagner la plage sains et saufs lorsque le requin s'est enfin éloigné.
Matt Fleet, un autre maître-nageur en patrouille sur son canot, atteste par ailleurs qu'il a bien vu les dauphins qui encerclaient les nageurs et frappaient l'eau avec leur caudale pour les maintenir en place et les empêcher d'échapper à leur protection.
♦ Alors qu'il nageait dans les eaux du Golfe du Mexique, au large de la Floride,un plongeur du nom de Wayne Grover s'est vu sollicité par un groupe de trois dauphins, deux adultes et un enfant, afin qu'il leur vienne en aide. Le bébé était blessé par un hameçon et s'était emmêlé la caudale dans un fil de pêche qu'il traînait derrière lui. A l'aide de son couteau de plongée, Wayne parvint à ôter le hameçon et à couper le fil mais cette opération fit saigner plus abondamment le jeune delphineau. Celui-ci une fois libéré, tout le petit groupe s'appprêtait à repartir vers le large.
Mais voilà : attirés par l'odeur du sang, deux requins surgirent alors des profondeurs.
Le dauphin mâle revint en arrière et les chargea aussitôt en heurtant à plusieurs reprises les requins au niveau des ouïes, ce qui les fit fuir aussi vite. Plutôt que de s'en aller et de laisser le plongeur humain seul face au requins, les cétacés ont donc estimé nécessaire de le protéger et de le tirer de ce mauvais pas dont ils étaient en partie responsables.
Pour Denise Herzing, chercheuse qui travaille depuis plus de vingt ans en collaboration étroite avec le Peuple Libre des Dauphins Tachetés des Bahamas, ce type de comportement démontre, s'il en était besoin, que les Tursiops s'identifient à nous de la même manière qu'un certain nombre d'Humains s'identifient à eux.
En d'autres termes, nous nous reconnaissons mutuellement en tant qu'êtres doués de raison, de langage, de conscience de soi et de sentiments. Et nous estimons donc, chacun de notre côté, qu'une vie consciente aussi précieuse vaut certainement d'être sauvegardée.
Qui ne se souvient pas de la série "Flipper" ? Elle a bercée l'enfance de nombreux d'entre nous.
Victimes du succès de cette série, le grand dauphin est, de tous les cétacés, le plus capturé pour peupler les marinelands, ouùon le dresse pour lui apprendre des tours, car il a une très bonne mémoire. Malheureusement, cette captivité écourte grandement sa vie (guère plus de 7 ans).
Mais l'homme est aussi un danger pour les dauphins : pollution, filets dérivants où les animaux se retrouvent prisonniers (c'est notamment le cas lors de la pêche au thon, les dauphins nageant en effet en même temps que ces poissons), pêche dont ils font l'objet pour fabriquer les aliments pour animaux, massacres dont ils sont victimes (Japon), car considérés comme de dangeureux prédateurs (ils se nourrissent des sérioles et des sèches convoitées par les pêcheurs).
Des lois protègent aujourd'hui les dauphins dans plusieurs pays du monde. Pourtant, elles ne sont pas suffisantes et pas toujours respectées.
Le dauphin blanc
On l'appelle Oum le Dauphin. Vous souvenez-vous de ce dessin animé qui racontait ses exploits sans son royaume aquatique ? Et de la publicité pour le chocolat blanc ?
Le dauphin blanc ou baleine blanche, appelé le plus souvent béluga est plus grand que la plupart des dauphins mais bien plus petits que les baleines. Il est très reconnaissable par sa couleur et par l'absence de l'aileron dorsal qui est atrophié. Sa tête est également unique chez les cétacés avec son front en forme de bulbe.
Il y a aussi le dauphin blanc de Chine. Son nom est le baiji, c'est un dauphin d'eau douce, qui a vu le jour il y a 20 millions d'année et qui fait l'objet de nombreuses légendes chinoises.
Mais l'espèce a pratiquement disparue. Quelques 5000 dauphins auraient vécu dans les eaux du Yantsé il y a moins d'un siècle, une expédition conduite en 1997 n'aurait permis de répérer que 13 individus et aujourd'hui on n'en voit presque plus : un seul a été apperçu en 2004.
Voilà pour cette découverte de ces animaux extraordinaires. Je conclue avec cette belle phrase du Commandant Jacques-Yves Cousteau : "Le bonheur pour une abeille ou un dauphin est d'exister. Pour l'homme, c'est de le savoir et de s'en émerveiller".
Et pour finir, un très beau reportage du National Géographic (durée 15 minutes)