Toucher du bois
Cette superstition remonte à la nuit des temps et semble avoir été commune à de nombreuses civilisations.
On touchait du bois en Perse pour se mettre sous la protection d'Atar, le génie du feu.
En Egypte, on pensait que ce matériau diffusait une sorte de magnétisme bienfaisant, le toucher plaçait sous la protection de cette énergie protectrice.
Au Moyen Age, les chrétiens faisaient ce geste en hommage au Christ, mort sur une croix de bois -il s'agissait d'une forme de prière permettant de se protéger de l'adversité.
Les celtes, eux, accordaient un grand pouvoir aux arbres : en les touchant, les hommes pouvaient puiser dans leur énergie vitale.
La signification de cette expression est explicite : il ne s'agit là que d'un geste superstitieux, souvent accompagné de la parole "je touche du bois !", tout aussi efficace que de "croiser les doigts" ou de se signer, selon les convictions ou les habitudes de chacun.
Ce geste est supposé empêcher que des bâtons viennent se mettre dans les roues des projets de celui qui le fait ou lui permette d'exaucer ses voeux de santé, de gain au Loto... c'est une façon de conjurer le mauvais sort.
Mais ce geste ne doit être effectué que si on a réellement du bois à toucher à portée de main, sous peine d'obtenir l'effet exactement inverse de celui souhaité, c'est-à-dire une pluie de calamités venant entraver les projets (surtout si un chat noir passe sous l'échelle au même moment et qu'on renverse du sel en même temps
).
L'origine de cette expression est à rechercher dans la vie des bûcherons du Grand Nord Canadien au XIXème siècle.
Lorsqu'en raison du gel ou d'un climat trop rigoureux, le traîneau de liaison mensuel ne parvenait pas jusqu'au lieu d'abbatage où ils avaient installé leur campement pour plusieurs mois, les bûcherons, privés de leur paye, se disaient entre eux : "ce mois-ci, on a encore touché du bois", ce qui avait pour effet immédiat de déclencher l'hilarité générale.
Ce type d'humour nous échappe désormais totalement (tout fout le camp !) mais l'expression est demeurée et continue de signifier qu'on espère très fort que l'avenir sera plus durable que le présent.
( Norton C. Ridewell sur le site Desinformations.com)