Le laurier
Comme toutes les plantes qui restent vertes l'hiver, le laurier symbolise l'immortalité.
Une légende est à l'origine de la naissance du laurier, histoire d'amour et de vengeance.
Vengeance de Cupidon, qui à la suite d'une insulte que lui fait Apollon, décoche deux flèches, l'une faite pour aimer, l'autre pour haïr.
La première atteignit Apollon, la seconde Daphné, nymphe de son état, fille du fleuve Ladon (ou Pénée, selon la version) et de la Terre. Voilà donc Apollon éperdument amoureux, complètement sous le charme de la jeune fille, qui de son côté ne veut absolument pas entendre parler d'amour. Au contraire, elle met toute son énergie à fuir, rejetant tous les hommages.
Mais Apollon est tenace, et il la poursuit inlassablement de ses ardeurs. Il finit par la rejoindre sur la rive du fleuve Ladon. Là, épuisée par sa fuite, la jeune fille, à bout de force, demande l'aide de son père. "À peine elle achevait cette prière, ses membres s'engourdissent; une écorce légère presse son corps délicat; ses cheveux verdissent en feuillages; ses bras s'étendent en rameaux; ses pieds, naguère si rapides, se changent en racines, et s'attachent à la terre : enfin la cime d'un arbre couronne sa tête et en conserve tout l'éclat. Apollon l'aime encore; il serre la tige de sa main, et sous sa nouvelle écorce il sent palpiter un coeur. Il embrasse ses rameaux; il les couvre de baisers, que l'arbre paraît refuser encore : "Eh bien ! dit le dieu, puisque tu ne peux plus être mon épouse, tu seras du moins l'arbre d'Apollon. Le laurier ornera désormais mes cheveux, ma lyre et mon carquois : il parera le front des guerriers du Latium, lorsque des chants d'allégresse célébreront leur triomphe et les suivront en pompe au Capitole : tes rameaux, unis à ceux du chêne, protégeront l'entrée du palais des Césars; et, comme mes cheveux ne doivent jamais sentir les outrages du temps, tes feuilles aussi conserveront une éternelle verdure."Il dit; et le laurier, inclinant ses rameaux, parut témoigner sa reconnaissance, et sa tête fut agitée d'un léger frémissement." (Métamorphoses d'Ovide - Livre I - Daphné (I, 452-567)
Dans l'Antiquité, les Grecs et les Romains en firent l'emblème de la gloire, du triomphe acquis par les armes ou grâce à l'esprit.
Les champions ainsi que les poètes portaient des couronnes de laurier, tout comme certains dirigeants et empereurs (Jules César, Napoléon Ier)
Au Moyen Age, on couronnait de laurier les savants distingués dans les universités. On faisait aussi des couronnes de rameaux feuillés avec des baies pour mettre sur la têtes des étudiants qui avaient réussit leurs examens.
Le mot baccalauréat, du latin bacca et laurea, signifie d'ailleurs littéralement "baie de laurier".